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Chapter 16 - Les Réflexions du Ciel et le Murmures des Titans

La création de ses enfants avait laissé un goût étrange à Ouranos. Debout dans les hauteurs du ciel, dominant la Terre et tout ce qu'elle portait, il contemplait ses œuvres : les Titans, fruits de son union avec Gaïa. Ils étaient grands, imposants, et chacun d'eux portait en lui une partie de l'immensité et de la puissance des éléments primordiaux.

Mais Ouranos, roi des cieux, ne voyait pas en eux des êtres libres. Il voyait des outils. Des extensions de son pouvoir.

La Fierté et l'Inquiétude d'Ouranos

Ouranos ressentait une fierté indéniable en observant ses enfants. Cronos, avec son aura froide et calculatrice, semblait destiné à des desseins grandioses. Océanos, infini et profond comme les mers qu'il était censé gouverner, incarnait la constance. Rhéa, douce et majestueuse, promettait d'être une mère aussi féconde que Gaïa.

Et pourtant, une ombre obscurcissait cette fierté. Ouranos n'était pas naïf. Il voyait dans leurs regards une étincelle de défi, une volonté de puissance. Il avait insufflé en eux une part de sa grandeur, mais il craignait qu'elle ne devienne un jour incontrôlable.

Il n'en parlait pas à Gaïa, mais en secret, il nourrissait une crainte : que ses enfants puissent un jour se retourner contre lui. Et s'ils cherchaient à usurper sa place dans les cieux ? Après tout, n'était-ce pas dans leur nature de vouloir plus ? De vouloir tout ?

Pourtant, il refusait de montrer sa peur. Ouranos n'était pas un roi faible. S'il devait maintenir son contrôle sur l'univers, il le ferait par la force, par la domination.

Les Premières Pensées des Titans

Pendant ce temps, au cœur de la Terre, les Titans, encore jeunes mais pleinement conscients, commençaient à développer leurs propres pensées. Leur naissance avait été marquée par un lien instinctif avec la nature qui les entourait, et chacun sentait l'immensité de sa responsabilité.

• Cronos, allongé dans une plaine rocheuse, observait le ciel avec intensité. Le regard d'Ouranos, haut au-dessus de lui, semblait peser comme un fardeau. Il se demandait si son père les considérait comme des alliés ou des menaces.

''Nous sommes nés grands, mais sommes-nous libres ?" pensa-t-il.

Cronos ressentait une ambition qu'il ne comprenait pas encore pleinement. Une voix intérieure lui soufflait qu'il était destiné à changer l'ordre établi.

• Océanos, quant à lui, explorait les vastes étendues d'eau qui serpentaient à travers le corps de Gaïa. Il ressentait une paix en marchant près des rivières et des mers naissantes. Il savait que son rôle serait de donner forme à ces eaux, de les rendre utiles, fertiles. Mais il ne comprenait pas pourquoi son père semblait si distant.

"Pourquoi ne descend-il pas parmi nous ? Pourquoi ce regard, froid et méprisant ?"

• Rhéa, douce et compatissante, était plus préoccupée par sa mère. Elle sentait les douleurs de Gaïa, ses souffrances silencieuses, et elle voulait l'aider. Mais comment ? Son père, Ouranos, semblait dominer sa mère, et elle ne savait pas si c'était par amour ou par obligation.

"Mère souffre en silence, mais pour combien de temps ?"

Les Premiers Murmures de Rébellion

Les Titans se rassemblaient parfois, dans des clairières profondes, à l'abri des regards d'Ouranos. Leur lien fraternel était fort, mais des tensions commençaient à poindre.

Cronos, le plus ambitieux d'entre eux, ne cachait pas son mécontentement.

• "Notre père nous surveille comme un tyran," déclara-t-il un jour, ses yeux brillants de colère.

• "Peut-être parce qu'il craint ce que nous pouvons devenir," répondit Océanos, tentant de calmer les esprits.

• "Et il a raison," ajouta Cronos, un sourire en coin. "Nous sommes plus qu'il ne l'imagine. Peut-être même plus qu'il ne le voudrait."

Les mots de Cronos troublèrent ses frères et sœurs, mais ils ne furent pas contestés. Une graine venait d'être plantée dans leur esprit collectif. Une graine de défiance.

La Souffrance de Gaïa

Pendant ce temps, Gaïa observait ses enfants avec fierté, mais aussi avec une profonde tristesse. Elle voyait ce que son mari refusait de voir : que ces enfants n'étaient pas simplement des instruments de pouvoir. Ils étaient des êtres vivants, avec leurs propres rêves, leurs propres désirs.

Mais Gaïa était piégée. Elle avait accepté la domination d'Ouranos pour donner naissance à ses enfants, mais elle sentait que cette domination devenait de plus en plus écrasante.

Un soir, alors qu'elle reposait seule, elle murmura à la Terre :

• "Mes enfants, un jour viendra où vous devrez choisir entre l'obéissance et la liberté. J'espère que vous choisirez sagement."

Ces mots, bien que silencieux, semblèrent résonner dans les montagnes, les rivières et les plaines.

La Vision d'Ouranos

Ouranos, du haut des cieux, continuait de surveiller sa progéniture. Il voyait leurs forces croissantes, leur volonté de se rassembler, et il savait qu'il devait agir pour maintenir son contrôle.

Mais au fond de lui, une part de son être admirait leur puissance. Une part de lui, bien qu'il ne l'avouerait jamais, se demandait si ces enfants pourraient un jour le surpasser.

Cependant, il restait convaincu que le ciel régnerait toujours sur la terre. Après tout, n'était-ce pas lui qui avait offert à Gaïa les moyens de donner vie à ses enfants ?

Mais une question le hantait :

• "Et si ces enfants, que j'ai contribué à créer, cherchaient à me détruire ?"

Pour Ouranos, cette pensée était insupportable.

Une Discorde naissante

Ainsi, la distance entre Ouranos et ses enfants continuait de croître. Les Titans, bien qu'ils ne soient pas encore unis dans un but commun, commençaient à voir leur père comme un obstacle à leur liberté.

Gaïa, de son côté, observait en silence, cherchant un moyen de protéger ses enfants tout en préservant l'équilibre de la Terre.

Et dans les cieux, Ouranos surveillait, planifiant ses prochains mouvements pour maintenir son règne absolu.

Le monde était en équilibre, mais cet équilibre était fragile. Une tempête se préparait, une tempête qui allait changer à jamais la dynamique entre les dieux primordiaux et leurs créations