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Chapter 13 - Les Première Frictions

Un temps considérable s'était écoulé depuis l'union de Gaïa et Ouranos. L'univers, bien que jeune, avait pris une forme plus reconnaissable. Les étoiles brillaient plus intensément, et la Terre elle-même était devenue une entité vibrante, prête à accueillir la vie. Les Primordiaux, chacun dans son rôle, avaient observé ces premiers changements avec une conscience grandissante. Cependant, malgré l'ampleur de leur œuvre, une tension croissante se faisait sentir, notamment entre Gaïa et Ouranos.

Le ciel, vaste et impénétrable, s'étendait désormais sur la Terre avec une emprise toujours plus forte, et cela n'était pas sans conséquence. Gaïa, pourtant patiente et fondatrice de la Terre, commençait à ressentir un malaise croissant au sein de cette union. Elle savait que l'équilibre était essentiel, mais la nature conquérante d'Ouranos commençait à étouffer une part de sa propre essence. Il n'était plus simplement le ciel au-dessus d'elle ; il était une entité qui dominait la Terre, déversant ses étoiles et sa lumière sur tout ce qui vivait en elle, comme s'il voulait réécrire la nature même de leur relation.

Gaïa observait cela avec une inquiétude grandissante, ressentant une pression croissante dans ses entrailles, comme si elle n'était plus qu'un simple prisonnier sur sa propre terre. Son esprit, pourtant habituellement calme et équilibré, commençait à se remplir de doutes.

« Notre création doit être libre», murmura Gaïa, ses bras étendus vers la vallée où les premières montagnes se formaient. «Elle ne peut être qu'un terrain de soumission pour personne.»

Mais au loin, dans les cieux, Ouranos observait la Terre. Il était immense, son corps étant comme une vaste étendue d'azur s'étendant à l'infini, ses yeux brillants d'une lumière éclatante, une lumière qui ne cessait de déverser son pouvoir sur le monde. Il était à la fois le ciel et l'éclat, l'omniprésence incarnée.

«La Terre a besoin de moi, Gaïa,» déclara Ouranos d'une voix résonnante, forte et impérieuse. «Sans moi, rien ne serait stable. Je suis l'essence même du ciel. J'ai été là avant que la Terre n'existe, et je continuerai à la soutenir.»

Gaïa tourna son regard vers lui, calme mais ferme, un air de défi dans ses yeux. Elle n'était pas contre sa nature, mais elle ne pouvait se résoudre à vivre sous l'ombre de sa domination.

«Je sais, Ouranos, mais nous ne devons pas être dans un rapport de subordination. Nous devons être égaux, et notre union doit être une force partagée, pas un fardeau.»

Le ciel s'assombrît alors, une ombre marquant le début de la discorde, une tension qui se fit de plus en plus palpable à chaque mot échangé. Leur relation, autrefois fondée sur une complémentarité parfaite, risquait maintenant de s'effriter, laissant place à un déséquilibre qui pouvait à terme menacer la stabilité de l'univers.

Les Ombres de Nyx et Érèbe

Pendant ce temps, Nyx et Érèbe, les entités primordiales des ténèbres, restaient dans leur domaine, distants et silencieux. Observateurs attentifs, ils suivaient de loin l'évolution de la Terre et du ciel, mais sans s'y mêler. Leur propre essence, tissée de ténèbres et d'obscurité, demeurait inchangée, telle une ombre immuable. Toutefois, même eux ressentaient la pression de l'extinction de l'obscurité par la lumière grandissante.

« L'équilibre est fragile», murmura Nyx, les yeux fixés sur la Terre, une inquiétude perceptible dans sa voix. La lumière commence à envahir des territoires où elle ne devrait pas être.

Érèbe, son compagnon dans l'ombre, ne répondit pas immédiatement, perdu dans ses pensées sombres. Il observait les étoiles, d'un regard pensif et pénétrant. Puis, d'une voix grave et basse, il ajouta :

«La lumière doit être contenue. Sinon, elle détruira ce qui reste de l'obscurité. Héméra est la clef de tout cela…»

Nyx hocha lentement la tête, une lueur de sagesse dans ses yeux sombres.

«Elle est née de notre essence, mais elle est différente. Un éclair de lumière dans les ténèbres. Si elle s'émancipe de nous, ce sera un changement radical pour l'univers.»

Les deux entités des ténèbres restèrent silencieuses un moment, mais leurs pensées étaient claires : Héméra, bien qu'elle fasse partie d'eux, risquait de devenir un élément perturbateur, une source de lumière que ni Nyx ni Érèbe ne pouvaient totalement contrôler.

L'Appel à la Réunion

Dans l'immensité de l'univers, là où les étoiles s'éteignaient pour laisser place à l'obscurité profonde, une voix résonna, non pas comme celle de l'imposant Ouranos ou de la douce Gaïa, mais comme un souffle léger, mais puissant : celle de Héméra, la lumière. Elle était née, resplendissante, presque divine, de la rencontre entre Nyx et Érèbe, mais elle avait une force propre, une volonté de s'épanouir dans le monde.

La lumière, nouvelle et éclatante, avait pris forme en une entité consciente de son rôle. Héméra savait que le moment était venu de réunir les Primordiaux, non seulement pour discuter des avancées de l'univers, mais pour évoquer les ajustements nécessaires dans leurs rôles respectifs. L'équilibre qu'ils avaient créé était parfait, mais il risquait de vaciller à tout instant si des changements n'étaient pas apportés.

Elle appela donc à une réunion des Primordiaux, à l'exception de Tartare et d'Ananké, qui étaient toujours dans leurs domaines respectifs, à l'abri des regards.

Le rassemblement eut lieu dans une région de l'univers où l'espace semblait presque palpable, comme une mer cosmique suspendue entre les étoiles. Les Primordiaux se rassemblèrent, leurs formes incarnées ressemblant à des êtres humains aux traits parfaits, mais empreints de cette aura divine qui les rendait bien au-delà de toute compréhension humaine.

L'Apparition des Primordiaux

Gaïa était là, toujours aussi imposante, mais sa figure était marquée d'une douceur contenue. Sa peau semblait être faite de pierre et de terre, un reflet de l'univers maternel qu'elle avait créé. Son regard, cependant, portait la sagesse de l'éternité et la frustration d'une existence partagée avec une entité aussi dévorante qu'Ouranos.

Ouranos, de son côté, se tenait droit, sa silhouette élancée comme le ciel lui-même. Sa peau brillait d'une lumière intense, son visage impassible, mais sous cette apparence d'inaccessibilité, il y avait une force brute qui émanait de lui.

Héméra, éblouissante, était la plus lumineuse de tous. Sa beauté ne pouvait être comparée à rien de ce que l'on connaissait. Elle était, par son simple regard, le rayon de soleil qui pouvait réveiller l'univers.

Nyx et Érèbe se tenaient dans l'ombre, des silhouettes indistinctes, mais leurs présences n'étaient pas moins imposantes. La lumière ne pouvait pas les atteindre, car ils étaient les créateurs des ténèbres, et c'était dans cette obscurité qu'ils demeuraient forts.

Les Doutes de Michael

De son côté, Michael, toujours silencieux, observait cette scène avec des yeux pleins de perplexité. Le monde qu'il voyait se former sous ses yeux semblait à la fois magnifique et instable, comme un fragile équilibre prêt à s'effondrer. Il ne savait pas encore quel rôle il jouerait dans tout cela, mais il commençait à saisir l'ampleur de ce qui se passait autour de lui.

Les Primordiaux, malgré leur pouvoir illimité, semblaient eux-mêmes pris dans un jeu de forces qu'ils ne contrôlaient peut-être pas entièrement. La tension qui existait entre Gaïa et Ouranos, la crainte d'un changement radical avec Héméra, les préoccupations de Nyx et Érèbe : tout cela formait un tableau complexe que Michael ne pouvait pas encore comprendre totalement.

— Mais… je suis là pour une raison, n'est-ce pas ? pensa-t-il, son esprit pris entre la confusion et la curiosité. Je n'ai aucune idée de ce que je dois faire, mais il semble que l'univers lui-même cherche des réponses… Et moi aussi, je dois en trouver.

Une étrange certitude commença à l'envahir, celle d'être un témoin privilégié de ce qui allait être le destin du monde. Mais son propre chemin, aussi incertain soit-il, commencerait à se dessiner bientôt. Une chose était sûre : la stabilité de l'univers dépendait de ce que les Primordiaux allaient choisir de faire ensuite