Je suis content de la voir. Kayla. Son visage m'a tellement manqué ces derniers jours que le simple fait de la voir entrer dans la cafétéria suffit à illuminer ma journée.
Je m'apprête à me lever, à aller la rejoindre, à lui parler, à m'excuser comme je le devrais depuis mon départ précipité. Mais je veux choisir le bon moment, un moment où je pourrais l'avoir juste pour moi, sans distractions.
Soudain, je remarque quelque chose. Son visage change. Son sourire disparaît, remplacé par une tristesse visible. Ses yeux se fixent sur ma table, mais ce n'est pas moi qu'elle regarde. Elle semble figée, presque choquée. Puis, avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, elle tourne les talons et quitte la pièce précipitamment.
Mon cœur se serre. Que s'est-il passé ? Pourquoi cette tristesse soudaine ?
Je me lève, prêt à la suivre, mais une main attrape mon bras.
— Attends, Kyllian. On a bientôt notre cours de sciences des matériaux. Il faut qu'on y aille, dit Cass, avec son sourire habituel.
Je me retiens de soupirer. J'ai encore du mal à croire qu'elle est là, dans ma promo, après tout ce qui s'est passé. Mon père m'a obligé à la ramener avec moi sous prétexte qu'elle devait "reprendre ses études sérieusement." Mais Cass est toujours Cass. Elle ne manque jamais une occasion de se coller à moi.
Je regarde une dernière fois vers la porte où Kayla a disparu, hésitant.
— Kyllian, tu viens ? insiste Cass en me tirant légèrement.
À contre-cœur, je la suis. Je me dis que j'irai voir Kayla plus tard, dès que j'en aurai l'occasion.
En cours, je suis incapable de me concentrer. Mes pensées tournent en boucle autour de Kayla. Pourquoi est-elle partie si brusquement ? Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? Je ne peux pas m'empêcher de repenser à ces derniers jours, à la distance que j'ai mise entre nous. Peut-être qu'elle est en colère. Peut-être qu'elle ne veut plus me parler.
Je sors mon téléphone discrètement et lui envoie un message :
"Kayla, est-ce que tout va bien ? Tu avais l'air bouleversée tout à l'heure. Je veux qu'on parle. S'il te plaît, dis-moi que je ne t'ai pas perdue."
Je pose mon téléphone sur ma table, le cœur lourd. Aucune réponse.
Je fixe l'écran, espérant qu'il s'allume, qu'elle me réponde, qu'elle me dise que tout va bien. Mais rien.
La culpabilité me ronge. Je ne sais pas ce que j'ai fait, mais je vais tout faire pour me rattraper. Je ne peux pas la perdre. Pas elle.