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Ma douce promise

Aeloria_Moon
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Chapter 1 - Serena Vespéra

Le vent hurlait à travers les arbres décharnés, emportant la neige dans une danse frénétique. Le froid mordant semblait vouloir tout engloutir. Au loin, les jeunes nobles, couverts de fourrures luxueuses, avaient abandonné la chasse, fuyant la rigueur de l'hiver. Pourtant, dans l'ombre des arbres, un spectacle inattendu attendait.

Une silhouette fragile gisait sur le sol gelé, comme une ombre perdue dans la brume. Une jeune femme, immobile, sa peau pâle presque confondue avec la neige. Ses cheveux noirs, d'une profondeur infinie, s'entremêlaient à la neige sous elle, créant une scène presque irréelle, comme un ange tombé du ciel.

Le comte Alaric, majestueux dans sa silhouette imposante, s'avança d'un pas déterminé, ses yeux scrutant la scène avec une intensité étrange. Ce qu'il voyait le perturbait. Une jeune femme, laissée pour morte, sans défense dans cette étendue glacée. Il se baissa avec une délicatesse surprenante pour quelqu'un de son rang, soulevant le corps fragile de l'inconnue.

La chaleur du manoir Marlow contrastait violemment avec la rigueur extérieure, et le feu crépitait dans la cheminée, projetant des ombres dansantes sur les murs tapissés de portraits d'ancêtres silencieux. Alaric déposa la jeune femme sur un canapé de soie, l'enveloppant d'une couverture épaisse, mais son regard restait fixé sur elle, intrigué. Une question brûlait ses lèvres : qui était-elle ?

Dans la grande salle du manoir Marlow.

Lenny, son épouse, se tenait dans l'embrasure de la porte, les bras croisés, observant la scène avec un mélange d'inquiétude et de suspicion. Ses yeux, perçants comme ceux d'un rapace, n'avaient rien manqué du moindre mouvement.

— « Qui est-ce, Alaric ? », demanda-t-elle d'une voix qui, sous sa douceur apparente, trahissait une pointe d'inquiétude.

Le comte Alaric, toujours absorbé par la jeune femme, répondit d'une voix basse, presque absente.

— « Une inconnue, inconsciente. »

Lenny, son regard glacial se posant sur la silhouette fragile, haussait un sourcil, ses traits marqués par une méfiance palpable.

— « Donne-la aux servantes, elles s'occuperont d'elle. »

Alaric se redressa, fixant sa femme avec une gravité nouvelle.

— « Non. Elle a besoin de plus que des soins. Quelque chose ne va pas avec elle. »

Lenny laissa échapper un petit rire nerveux.

— « Une sorcière ? Une esclave en fuite ? Ou peut-être… juste une victime des brutes qui rôdent dans ces bois. »

Il la fixa un instant, intrigué par la froideur de sa suggestion, avant de lui répondre d'une voix plus douce.

— « Lenny, ne raconte pas n'importe quoi. Ce n'est pas le genre de rencontre que tu imagines. »

Elle, cependant, n'était pas convaincue. Son regard restait fixé sur la jeune femme, son visage marqué par une inquiétude qu'elle ne pouvait dissimuler.

— « Sois prudent, Alaric. Les femmes ont des secrets, et je parie que cette femme en a plus qu'elle ne veut bien en dire. »

Alaric la regarda un moment, amusé mais aussi légèrement irrité.

— « Et toi, tu en fais partie ? »

Lenny se rapprocha de lui, son regard soudainement plus sérieux, presque menaçant.

— « Si tu cherches à la prendre pour maîtresse, sache que tu perdras la mienne. Je ne resterai pas là à te voir jouer à ce jeu. »

Alaric, légèrement surpris par la force de ses paroles, posa une main réconfortante sur son épaule.

— « Ne t'inquiète pas. Je ne vais pas l'épouser comme ça. »

Lenny souffla, l'air toujours méfiante, mais elle s'éloigna sans ajouter un mot.

Quelques heures plus tard, dans la chambre des invités.

Le matin hivernal était déjà bien installé, mais la lumière grise peinait à réchauffer la pièce. Serena était allongée sur le lit, ses longs cheveux noirs s'étalant autour d'elle comme un voile de nuit. Sa robe, autrefois d'une blancheur éclatante, était souillée de boue et de neige fondue, témoignant des dangers qu'elle avait affrontés. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, l'instant d'hébétude laissa place à une intense lucidité. Lentement, elle se redressa, son corps encore engourdi par le froid qui avait envahi ses membres.

Elle scruta la pièce. Ce n'était pas chez elle, pas du tout le genre de chambre qu'elle aurait voulu. Mais, étrangement, une part d'elle se sentait presque soulagée d'être là, loin de l'enfer qu'elle avait fui. Ses pensées se bousculaient tandis qu'elle se levait d'un pas assuré et se dirigeait vers la fenêtre. Elle scruta l'horizon sans vraiment voir. Le monde extérieur était tout aussi froid que celui qu'elle venait de quitter.

Des bruits de pas la firent sursauter. Elle se retourna, son visage se figea lorsque Alaric et Lenny entrèrent dans la pièce. La silhouette de Serena se redressa aussitôt, son regard se durcissant.

— « Merci de m'avoir sauvée. », dit-elle calmement, bien que ses yeux trahissent une distance que son sourire poli ne parvenait pas à dissimuler.

Alaric s'avança, captivé par la jeune femme. Ses yeux se posèrent sur ses traits fins, cherchant à percer le mystère qui l'entourait.

— « Qui êtes-vous ? », demanda-t-il, un intérêt évident dans sa voix.

Serena le fixa un instant, puis répondit d'une voix froide mais sûre, comme si cette question avait trop de fois été posée.

— « Serena Vespéra. »

Lenny haussait un sourcil, une lueur d'étonnement traversant son regard.

— « Vespéra ? » répéta-t-elle, avec une pointe d'incrédulité.

Alaric sembla réfléchir un instant avant de demander :

— « La fiancée du grand duc, n'est-ce pas ? »

Serena baissa les yeux, un voile de tristesse traversant son regard avant qu'elle ne le relève, l'air plus déterminé que jamais.

— « Oui. », répondit-elle, d'une voix plus basse. « Je me rendais au domaine du duc quand des brigands ont attaqué mon groupe. J'ai dû fuir… et je me suis évanouie. »

Lenny, manifestement peu touchée, soupira et lança d'une voix plate :

— « Quelle histoire tragique. »

Alaric hocha la tête avant de répondre avec une fermeté nouvelle.

— « Je vais contacter le duc. »

Instantanément, Serena se tendit. Ses mains se crispèrent sur les draps, une panique glacée envahissant son cœur. Elle ne voulait pas revoir cet homme. Pas maintenant.

— « Non… », dit-elle, presque suppliant. « Ne le faites pas. »

Les mots étaient durs, mais sa voix restait calme, comme si elle luttait contre un tourment intérieur qu'elle n'osait dévoiler.

— « Je vous en prie… je ne veux pas retourner là-bas. »

Le regard d'Alaric se fit plus attentif. Il n'avait jamais vu une telle intensité dans les yeux d'une femme. Il s'inclina légèrement.

— « Vous pouvez rester ici, aussi longtemps que vous le souhaitez. »

Lenny se contenta de hocher la tête avant de quitter la pièce, son regard toujours aussi suspicieux.

Seule dans la chambre, Serena laissa échapper un lourd soupir.

Elle se laissa tomber sur le lit, son visage plongé dans ses mains, le poids de sa situation la brisant lentement. La peur, la colère, l'incompréhension se mêlaient dans son esprit, mais il y avait aussi une détermination nouvelle. Elle ne serait pas une simple victime. Elle n'accepterait pas cela.

— « Pourquoi m'ont-ils envoyée à ce duc ? », murmura-t-elle, ses poings serrés contre le drap. « C'est de la cruauté. »

Elle se redressa lentement, fixant le plafond d'un regard aussi désespéré que résolu.

— « Je vais m'en sortir. », se dit-elle avec une détermination de fer. « Il y a toujours une solution. »

Elle se leva lentement, ses mains posées fermement sur le bord du lit. Une nouvelle énergie parcourut son corps. Elle n'était pas cette victime. Elle avait une vie à reprendre en main.